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"Si la contemplation selon
l'Intelligence avait été suffisante, il aurait suffit au
Verbe de venir parmi nous
seulement intellectuellement" (Théodore Studite) |
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Introduction:
Le trait essentiel de l'icône |
Dernière mise à jour: 17 mars 2004 |
Nous connaissons les
icônes déjà depuis le 5e ou 6e siècle. Mais elles
semblaient être disparues dans la première moitié du 20e
siècle. Pourtant elles n'étaient pas disparues, elles
étaient supprimées. Par exemple, dans l'ère Sovietique en
Russie il était strictement défendu de peindre des icônes.
Malgré cela, plusieurs peintres faisaient des icônes ou ils les
restauraient, en secret. Ensuite, dans la deuxième moitié du 20e
siècle les icônes étaient de retour. On peut alors se poser
la question "qu'est que c'est qui fait que l'icône est si
spéciale" ? Qu'est ce c'est qui fait qu'il y a des gens, moines et
autres, qui sont prêts à risquer leur vie en peinturant des
icônes?
Image de
l'invisible, présence de l'Invisible L'icône est
un moyen efficace de connaître Dieu, la Sainte Vierge et les Saints. Elle
n'est pas une uvre d'art qui seulement illustre la Sainte
Écriture. Elle est une confession des vérités religieuses.
"Le
Christ", dit St-Paul, "est l'Image [visible] du Dieu invisible"
(Col. 1, 15).
Le
Père Daniel Rousseau dit "L'iconographie chrétienne, et
par-dessus tout la possibilité de représenter le Christ, trouve
son fondement dans le fait de l'Incarnation. De même que le
théologien s'exprime au moyen de la pensée, de même
l'iconographe exprime par son art la Vérité vivante, la
Révélation que l'Église possède dans sa Tradition*.
En conséquence, l'art sacré des icônes ne peut être
une création arbitraire des artistes. Mieux que tout autre image
sacrée, l'icône du Christ « non faite de main d'homme
» exprime le principe dogmatique de l'iconographie. (Il s'agit de
l'icône miraculeuse de la Sainte Face du XIIe siècle, aussi connue
comme Acheiropoietos,
montrée au début de la page à gauche). C'est pourquoi
le 7e concile (787) lui donne une attention toute spéciale. Et pour
commémorer le triomphe définitif des saintes images, c'est cette
icône du Christ qui est vénérée le jour de
l'Orthodoxie". (Daniel Rousseau, L'Icône, Splendeur de Ton
Visage, Desclée de Brouwer, Paris, 1982, pp. 232-233.)
* En d'autres mots : « L'iconographie chrétienne
exprime en images la même Bonne Nouvelle que les saintes Écritures
nous communique en mots. L'image et les mots s'illuminent. » (Source:
Catechism of the Catholic Church, Part Two: The Celebration of the Christian
Mystery" section 1160, page 300.)Les
premiéres images Il fallut un long chemin pour voir
apparaître l'Icône telle que nous la connaissons aujourd'hui
à travers ses représentations anciennes. Ce chemin passe à
travers des contextes historiques complexes et des dépendances
culturelles diverses. Il passe également par la guerre des saintes
images pendant laquelle la furie des iconoclastes a détruit
d'innombrables icônes très vénérées.
Les
premières images qui nous sont parvenues sont des peintures des
catacombes du IIIe siècle (voir
Catacombes).
Elles montrent la Mère de Dieu lors de l'adoration des Mages. C'est dire
que ces images sont subordonnées aux thèmes christologiques. Ceci
n'est pas étonnant : de même que la Mariologie s'est
développée à partir de la Christologie, de même
l'iconographie de Marie dépend de l'iconographie du Christ. Mais les
visages des catacombes ne sont pas des images du culte: elles ne sont pas
vénérées car elles ne sont pas des représentations
portraitiques du Christ et de la Vierge et restent dans la sphère du
symbole. Et l'image sacrée ne peut dépasser cette limite, car
l'Église n'a pas encore élaboré les dimensions du
mystère de l'Incarnation qui vont apparaître lors des premiers
Conciles.
La Sainte Vierge Marie
proclamée Mère de Dieu À partir du IVe
siècle, l'iconographie va connaître un développement
très important. Parmi les nombreuses raisons qui en sont la cause, est
l'avènement de l'empereur Constantin au
IVe siècle et sa conversion spectaculaire. Le christianisme est
institué religion d'État en 380, et l'Église entre dans
une ère de paix. C'est alors que commence une création
esthétique qui déterminera l'art des siècles suivants. Un
troisième concile
cuménique est réuni à Éphèse en
431 et proclame Marie : Mère de Dieu. Alors, on se met à
représenter la Mère de Dieu trônant solennellement avec
l'Enfant divin sur ses genoux : la Mère de Dieu Kyriotissa.
L'icône montrée à gauche (La Mère de Dieu sur le
trône - XVe siècle) en est une exemple.
Voici quelques
hommages à la Vierge Marie prononcés par l'évêque
d'Alexandrie lorsque Marie fut proclamée, Mère de Dieu.
- Par Toi la Trinité est glorifiée et
adorée ! - Par Toi le ciel exulte, les anges
se réjouissent, les démons sont mis en fuite !
- Par Toi toute la création, esclave de
l'idolâtrie, parvient à la vérité
- Par Toi des églises sont
fondées sur toute la terre et les peuples se convertissent !
L'iconoclasme : la guerre des saintes
images Cependant, un grand duel va s'engager entre partisans et
ennemis d'icônes, entre défenseurs de l'orthodoxie et
hérétiques : l'iconoclasme de 730 à 843. La guerre est
doctrinale. Une première période (730 à 780) commence en
730 lorsque Léon l'Isaurien (726-741) décrète
l'interdiction du culte des icônes qu'il qualifie d'idolâtrie. Mais
ce n'est pas seulement une querelle religieuse; c'est la fin d'une
époque, l'aboutissement de multiples tendances, religieuses, politiques
et économiques mettant en question les valeurs dans tous les domaines.
C'est un phénomène complexe. Pourtant les questions dogmatiques
forment le fond du problème. Suivant une période de
rétablissement des saintes images (780-813), une nouvelle période
iconoclaste (813 à 842) éclate qui prend fin en 842.
Le triomphe de l'Orthodoxie
Un nouveau concile s'ouvre en 843 et l'Orthodoxie connaît le
triomphe avec l'exaltation des icônes dans toutes les églises :
Le Verbe indescriptible du Père s'est fait
descriptible, en s'incarnant de Toi, Mère de Dieu. L'iconoclasme
dévoile une crise de portée incroyable. La question des images
est fondamentale car elle est étroitement liée à l'essence
même du christianisme, à l'Incarnation.
Conclusion En examinant le culte des
icônes, sa longue histoire, et les règles qui gouvernent la
technique pour peindre (écrire) des icônes, l'on comprendra que:
- l'icône est plus qu'une oeuvre d'art, - l'iconography a une
grande signification spirituelle - l'icône est l'image de
l'invisible, et même présence de l'Invisible.
"The
great meaning given to the technique of the icon, the enormous spiritual
significance of the iconography, burdens the iconographer with responsibilities
and sets him on the same level of the theologians and the custodians of the
Ecclesiastical Tradition." (Diacon Serafim Semkin - The technique of the
iconography and its religious meaning. How to become an iconographer
http://www.st-nicholas-sd.org/av/katalog_eng.htm#2
.)
"The
icon is a link between the human and the divine. It provides a space for the
mystical encounter between the person before it and God. It becomes a place for
an appearance of Christ, the Theotokos or the Saints--provided one stands
before the icon with the right disposition of heart and mind. It creates a
place of prayer. An icon participates in the event it depicts and is almost a
re-creation of that event existentially for the believer. As S. Bulgakov said,
'By the blessing of the icon of Christ, a mystical meeting of the faithful and
Christ is made possible.' Throughout the world, many icons are for this reason
regarded as 'wonder-working', providing both spiritual and temporal blessings.
They are venerated as instruments of miraculous intervention. They provide
courage and strength in a world marked with tragedy and suffering. They provide
joy since icons remind us that we are deeply loved by God."
(Byzantine Iconography - A Brief Overview
http://www.csg-i.com/icons/html/overview.htm
.) Tandis que
Saint-Benoît, qui a mis le ton de la spiritualité occidentale,
nous appelle tout d'abord à écouter, les Pères byzantins
nous invitent à regarder.
Dans son
livre "Behold the Beauty of the Lord, praying with icons", le
Père Henri Nouwen dit : "De même que nous sommes responsables
de ce que nous mangeons, de même nous sommes responsables aussi de ce que
nous regardons. Il n'est pas difficile de devenir victime des nombreuses
stimulations visuelles qui nous entourent. Pourtant, nous pouvons faire des
choix. Lorsque nous ne pouvons pas prier, nous pouvons toujours jeter un regard
sur les icônes qui sont si intimement liées avec
l'expérience de l'amour".
En
regardant (contemplant) une icône de la Mère de Dieu, nous nous
mettons dans sa présence, et par Elle et avec Elle dans la
présence de son Fils qui est Source de grâce unique qui console,
sauve, protège, libère et transforme.
Terminons
avec ce que dit le Père Egon Sendler S.J. : Le trait essentiel de l'icône : une présence de
l'indicible qui jaillit de la matière. (Sendler E.,
L'Icône, Image de l'invisible, 1981, p. 59)
Bibliographie
DONADEO Maria, Icônes de la Mère de Dieu, Paris, 1987
NOUWEN Henri, Behold the Beauty of the Lord, 1991 ROUSSEAU Daniel,
L'Icône, Splendeur de Ton Visage, Paris, 1982 SENDLER Egon S.J.,
L'Icône, Image de l'invisible, Paris, 1981 SENDLER Egon S.J., Les
icônes byzantines de la Mère de Dieu, Paris, 1992
Notes (1) Non
consulté lors de l'écriture de cette page, mais pertinent au
contenue, est LE SENS DE L'ICÔNE, un livre de Léonide OUSPENSKY et
Vladimir LOSSKY, publié en français en 2003. Le livre fut
publié en allemand et en anglais en 1953. En voici un extrait
http://www.orthodoxpress.com/document.php3?numero=285&page=3
. (2) Note :
Plusieurs sections des textes ci-haut viennent des sources mentionnées
dans la bibliographie. Dans la mesure possible, ces textes sont maintenus dans
leurs formes originelles afin qu'ils ne soient pas mal
interpretés. (3) La version
anglaise de cette page contient d'autres éléments qui n'ont pas
été traduits en français.
Pour voir les images,
cliquez ici, cela
vous mène à la page de liens.
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